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Né en 1953 de père et de mère connus, Luc Delestre aurait dû être notaire ou fonctionnaire, mais une erreur daiguillage la transformé en nomade, creusant son sillon sur la planète comme consultant. À défaut de pouvoir être peintre, bonne sur ou agent secret, il sest mis à écrire pour partager avec le lecteur toutes les saveurs des vies imaginaires de ses contemporains.
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Fiche technique Titre : Auteur : Editeur : Elan Sud Format : 12,5 X 21 cm N° ISBN : prix : 14 € |
Terroir On connaissait les chiens truffiers, les verrats truffiers et même, certains jours sans vent, les initiés à la recherche du diamant noir suivant la mouche couleur tabac clair. Mais personne naurait imaginé quun homme puisse être « truffier ». Cest pourtant ce qui sest produit à Monroque, village des monts de Vaucluse. Téléchargez les premières pages du roman au format pdf |
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Les premières lignes
«Comment et pourquoi Monsieur Eliott est-il arrivé à Monroque ? Personne ne le sait vraiment. À dire vrai, chacun a son idée ; Madame Gras, qui tient le bureau de tabac, a autant dexplications que de clients. Mais toutes sont concordantes : ce nest pas un hasard. Pourtant moi, je sais quil est arrivé là par hasard et, sil a fait une halte à Monroque, cest parce que la lumière de fin dété était belle et dorée et que la place était ombragée, parce que la fontaine était moussue et que leau débordait de la bassine, parce que la boulangère lui a souri et parce que le patron était dans un bon jour pour lui servir une bière pression sur la terrasse sans trop récriminer. Voilà pourquoi il sest arrêté. Cest aussi simple ! Le fait est quun jour de début septembre, on la vu arriver au volant dune voiture de location. Cétait un samedi ou un dimanche. Mais quelle importance que ce soit un jour de la semaine ou un autre ! Moi, je lai suivi du regard et je lai vu flâner sur la place, rendre son sourire à la boulangère, tâter leau de la fontaine et sen humecter les tempes et les joues pour se rafraîchir. Puis, il sest assis à la terrasse pour lire ses journaux. Il a bu une bière avant de commander son repas. De la daube ou quelque chose comme ça. Un plat dhiver alors quil faisait encore bien chaud. Il faut dire que les plats du jour sordonnancent dune façon immuable dans le café restaurant de Monroque. Cest immuable comme les jours de la semaine. Jacques, le patron, a des menus standards pour chaque jour et refuse même de parler dun quelconque changement. Cest un sujet qui fâche et quil ne faut pas aborder. Ce jour-là, cétait la daube - donc un samedi - et tout le monde était dehors. Les boulistes jouaient en bras de chemise et les derniers chasseurs revenaient dégoulinants de sueur de leurs escapades dans les collines. Moi, je paressais à lombre des platanes. La battue dans la combe noire navait rien donné ce matin-là, et ce ne sont pas les quelques malheureux faisans délevage lâchés la veille qui avaient réveillé mon instinct de chasseur. Les pauvres volatiles savaient à peine voler et retombaient lourdement sur le sol quand un coup de botte malencontreux les dérangeait dans leur sieste dobèses. La pétarade qui sen suivait mavait fait renoncer à rechercher dans les touffes de genêts cette boule de plomb recouverte de quelques plumes de couleur. Chaque malheureux faisan était fusillé au moins quatre fois avant dêtre déclaré mort. Mais toutes ces gesticulations et toutes ces pétarades faisaient lobjet dabondants commentaires quand les tartarins du village entamaient le quatrième pastis de la matinée. |
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